EADS passe entre les mailles du filet de L’AMF


Cette affaire avait fait grand bruit, il y a trois ans de cela. Le rideau se ferme sur l’un des plus grands scandales financiers de ces dernières années avec un non-lieu général.

En effet, L’Autorité des Marchés financiers (AMF) a rendu son verdict après 3 ans d’enquête.

Les faits se déroulent en mars 2006, 17 dirigeants d’EADS sont accusés de délits d’initiés. Les gendarmes de la bourse les accusent d’avoir vendu leurs stock-options quand la construction de l’Airbus A380 prenait du retard.

L’AMF voit son autorité ébranlée par cette affaire. La cause probable de l’acquittement est le dossier mal étayé de l’accusation. En cas de délit d’initié, il faut une information précise qui prouve le litige. Le délit d’initié donne l’avantage à un protagoniste sur les autres spéculateurs boursiers. Même si l’accusation martèle qu’il est normal d’avoir du retard dans l’industrie aéronautique, le dossier ne tient pas la route.

L’AMF voulait faire du cas EADS un exemple en réclamant une sanction lourde de 5,4 millions d’euros. Ces gendarmes de la bourse voulaient sans doute redorer leur blason auprès de l’opinion publique car l’AMF aurait la réputation de cacher de gros scandales financiers et de s’attaquer plutôt aux faibles.

Est-ce que L’Autorité des Marchés Financiers s’est ridiculisée dans cette affaire ? Disons plutôt qu’elle n’a pas brillé. Son rôle se limite seulement à engager des poursuites quand elle pense que c’est nécessaire. Et « la décision qui vient d’être rendue confirme bien qu’il existe une indépendance réelle entre les services de l’AMF, son collège et la commission des sanctions« . (Le Figaro)

« Ce coup de théâtre est un désaveu cinglant infligé par la commission des sanctions de l’AMF aux enquêteurs de l’institution« . (Le Monde)