Le fichier positif jugé inefficace par certaines institutions


Le fichier positif ne fait pas l’unanimité. De nombreuses institutions financières continuent de penser que cet outil n’aidera pas à lutter contre le surendettement.

Sans cesse remis sur le tapis sans avoir été mis en application, le projet du fichier positif appelé aussi RNCP ou Registre National des Crédits aux Particuliers est passé le 27 janvier devant le Sénat pour une deuxième lecture. Il s’agit plus précisément d’un projet pour lister tous les crédits contractés. À ce jour, seuls les crédits à la consommation sont concernés par un tel registre. Les crédits immobiliers et les lignes de crédits renouvelables non utilisées ne sont par exemple pas inclus dans ce registre. Pourtant, de nombreuses institutions bancaires et financières ont affirmé ne pas être convaincues par l’efficacité à court terme de ce projet. En effet, il faudrait inclure les crédits en cours de remboursement afin d’avoir une idée précise de l’endettement des Français. Or cela n’est pas faisable avant 36 mois.

Nombreuses sont les banques qui estiment que ce type de projet ne peut rien apporter aux emprunteurs surendettés. Selon eux, seuls 15000 à 20000 cas sur les 220000 dossiers de surendettement déposés en 2012 sont dus au recours abusif de prêts bancaires. En grande majorité, les cas de surendettement sont plutôt liés à des aléas de la vie comme la maladie, le chômage, les accidents et bien d’autres évènements encore qui pourraient chambouler l’organisation financière des ménages. Certaines institutions bancaires soulignent alors le fait que le fichier positif ne pourrait rien apporter à cette situation, et que la meilleure solution serait d’anticiper le surendettement en diagnostiquant les symptômes de fragilité financière, comme les situations d’impayés ou encore l’utilisation irrégulière du crédit renouvelable.